Atelier d'écriture

L'atelier d'écriture

Vous trouverez ici les textes et l'actualité de l'atelier d'écriture, annimé par André Simon un mercredi sur deux

Nous, participants à l'atelier d'écriture à Nessonvaux, avons l'espoir que demain un gazouillis arc-en-ciel continuera d'animer l'arbre centenaire, témoin pour les générations futures.
Vous, la source que nous voudrions intarissable, coulerez-vous de cascade en cascade jusqu'à baigner le tapis moussu d'un sous-bois ? Verrez-vous le soleil se lever dans un ciel bleu d'azur ? Vous imprégnerez-vous du parfum du muguet, du lilas, du jasmin, de la rose ?
Continuerez-vous à tracer votre parcours jusqu'au ressac du rivage, avant l'océan infini ?

"Mais qu'est-ce qu'elle fout encore ma mère?"
"Tu sais, Robin, mon père, il ne répond jamais" balance Élise. "Il sait quand même bien que je dois être à l'heure à la danse!"
Alfred, en chemin pour son jardin, sursaute en consultant sa montre: "Lisa!" Hanté par l'accident de Delphine, il a oublié sa petite-fille.
Delphine, troublée par sa rencontre avec Alfred, encore un peu choquée: "Mon Robin!"
Elle fonce à l'école. Surprise! Son sauveur y est déjà.
Au loin, deux petites voix: "Maman!" "Papy!"

Blotti au confluent de deux vallées
notre paisible village aux limites imprécises
nostalgique d'un passé riche d'activité
rêve d'horizons aux promesses colorées.

Au rythme du ruissellement de ses rys
parmi les senteurs vertes de ses bois
sur ses chemins sinueux
d'inattendus liens humains se créent.

Rendus plus forts d'épreuve en épreuve
les villageois se reconstruisent.
Les siècles s'écoulent, il est déjà là
le Nessonvaux de demain.

Mercredi 11 octobre 2023
Julie, Roger, Cécile, Nicole, André

Tout enjouée, Nanesse sort de chez elle avec son nouveau gâteau parfumé au rhum et à l'orange à peine défourné. Au moment de pousser la porte d'Ernestine, un grand fracas lui fait tourner la tête. Marquée par ce qu'elle vient de voir, elle s'affale sur une chaise. Ernestine, interloquée, l'apostrophe:
- "Que vous arrive-t-il donc ? En voilà des manières!"
- "L'Imperia de Nescobar a renversé la calèche de Don Pedro sur les pavés mouillés."
- "Qu'en est-il du cheval? Est-il blessé?"
- "En tout cas, les deux hommes n'ont rien!"
- "Une calèche! Et une Imperia! Quel dommage pour l'exposition du patrimoine!"
On sonne: Nanesse se précipite, ouvre la porte sur une odeur de pâtisserie. Don Pedro, la tête haute et plein d'élégance, rajuste sa tenue tandis que Nescobar, accablé sous le poids de sa bosse, essaie de reprendre une contenance. Sans y être invité, Don Pedro s'installe à table, suivi par un Nescobar hésitant. Les deux comparses espèrent déguster un morceau du gâteau.
Don Pedro s'inquiète:"Ma pauvre Nanesse, qu'avez-vous vu qui vous rend si nerveuse?"
Ernestine l'interrompt:"Je dépose le gâteau dans la cuisine." Serait-ce de la gourmandise?
Nanesse lâche:"J'ai entendu un grand bruit, un cri de cheval, j'ai vu une voiture contre une charrette renversée, des gens qui aidaient un cheval à se remettre debout..."
"Ouf, dit Ernestine, le cheval est indemne!"
Les deux complices échangent un clin d'œil: leur plan commence à fonctionner. Un tableau appartenant à Nanesse, confié au peintre Don Pedro en vue de sa restauration, aurait souffert dans l'accident. Ils vont tenter d'obtenir une compensation démesurée de l'assurance. Le témoignage imprécis de nanesse va leur permettre de rédiger un constat fictif. Nanesse, intriguée par leurs chuchotements, comprend que c'est de son portrait qu'ils parlent. Elle rejoint Ernestine dans la cuisine:"Crois-moi si tu veux, les deux loustics sont en train de manigancer quelque chose."
Alors que les deux commères en profitent pour entamer le gâteau, les hommes surgissent pour obtenir de Nanesse la signature de son témoignage. À la lecture du constat, les deux femmes comprennent toute l'étendue de l'arnaque. D'un coup de coude, Ernestine impose silence à Nanesse et prend les choses en main: en sa qualité de conservatrice de musée, elle propose aux deux hommes une évaluation exorbitante de la toile.
Le constat signé, les quatre complices satisfaits rêvent déjà de jouir de leur butin en finissant le gâteau.